En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, Huawei signe un partenariat avec la Russie

Le constructeur chinois va réaliser dans le pays de gros investissements à la fois pour aider au déploiement du réseau 5G, mais également afin d’y ouvrir plusieurs centres de recherche.

Si les États-Unis ont banni Huawei de leur territoire, le constructeur chinois semble avoir trouvé refuge en Russie. L’entreprise est aujourd’hui l’un des leaders incontestés du smartphone dans le pays, avec une part de marché estimée à 37 %. La division Honor est à l’origine de cette domination grâce à des appareils à la fois très performants et des prix tirés vers le bas, auxquels les constructeurs historiques ne peuvent pas répondre. Samsung en a fait les frais en étant détrôné par Honor dès le troisième trimestre 2018.

Un partenariat de raison entre la Russie et Huawei, tous deux pointés du doigt par Donald Trump

La Russie étant aussi dans le collimateur de Donald Trump, les deux entités avaient tout intérêt à s’associer. Huawei participe activement au déploiement du réseau 5G dans le pays et va former 10 000 spécialistes dans le pays d’ici 2025. L’investissement est estimé à environ 7,8 millions de dollars et les premiers essais ont déjà lieu dans à Moscou depuis le mois de septembre dernier.

Mais ces efforts ne sont que les premiers d’une longue série. Huawei souhaite développer sa présence sur le territoire russe en ouvrant avant la fin de cette année trois centres de recherche et développement. La Russie sera son troisième plus gros territoire mondial dédié à l’innovation, la Chine mise à part.

Le constructeur chinois va également renforcer ses liens avec les principales universités technologiques du pays et sortir le chéquier pour financer leurs projets de recherche. Huawei compte sur l’attrait toujours plus grands des jeunes étudiants russes pour l’informatique et la programmation pour renforcer sa place de leader de l’innovation.

Une association qui cherche à renverser les rapports de force entre les États-Unis et la Russie

Pour la Russie, un tel investissement permettrait à l’avenir de placer le pays parmi l’une des puissances technologies incontournables dans le monde, tout en augmentant ses recettes.

Le gouvernement ne s’embarrasse pas des récentes accusations d’espionnage pour le compte de la Chine formulées à l’encontre de Huawei. « Moscou considère Huawei comme une société respectueuse des lois qui ne se livre pas à l’espionnage international puisque les allégations n’ont pas été prouvées », explique Eldar Murtazin, rédacteur en chef de Mobile Review.

« Une blague courante dans la communauté informatique russe dit : « Si vous utilisez Apple, Washington écoute vos appels. Si vous utilisez Honor, Pékin vous écoute ». Lequel préférez-vous ? », renchérit Vladimir Rubanov, Directeur exécutif de la société informatique russe Rosplatforma.

Les États-Unis sont désormais la cible de Huawei et de la Russie, qui cherchent à mettre leurs moyens en commun pour les concurrencer, voire les dépasser sur le plan technologique.

Source : Clubic

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